Fiche éducative : Le flash crash du 6 mai 2010
Ce qui s'est passé
Le 6 mai 2010, aux États-Unis, les marchés financiers ont connu une chute brutale et très rapide. En quelques minutes seulement, le Dow Jones (l'indice des principales entreprises américaines) a perdu environ 9 % de sa valeur, soit près de 1 000 points. Puis, presque aussi vite, les cours sont remontés. À la fin de la journée, la baisse était limitée à environ 3 %.
Ce mouvement éclair a surpris tout le monde : des entreprises cotées se sont retrouvées à des prix étrangement bas pendant quelques instants. Certaines actions ont même été échangées à 1 centime, alors qu'elles valaient des dizaines de dollars.
Pourquoi c'est arrivé
Les enquêtes officielles ont montré qu'il n'y a pas eu une seule cause, mais une combinaison de facteurs :
1. Un gros ordre de vente automatisé
Un fonds d'investissement a passé un programme informatique pour vendre une grande quantité de contrats à terme (des produits financiers liés aux indices). Ce programme ne tenait pas compte du prix, seulement de la vitesse d'exécution.
2. Des algorithmes qui se répondent entre eux
À cette époque, une grande partie des échanges était déjà réalisée par des programmes informatiques ultra-rapides. Ces programmes réagissent aux mouvements des autres. Quand le prix a commencé à baisser fortement, beaucoup ont vendu en même temps, ce qui a amplifié la chute.
3. Un manque de garde-fous
Les règles de pause automatique (appelées « coupe-circuits ») n'existaient pas partout à l'époque. Rien n'a arrêté la spirale assez vite.
Qui a gagné
- Certains traders très rapides, capables de repérer les prix anormalement bas et d'acheter en quelques millisecondes, ont pu revendre juste après la remontée.
- Les marchés eux-mêmes ont « gagné » en quelque sorte : cet événement a poussé les régulateurs à créer de nouveaux mécanismes de sécurité.
Qui a perdu
- Des investisseurs particuliers qui avaient placé des ordres de vente automatiques (« stop loss ») : ces ordres se sont déclenchés au pire moment, vendant au plus bas.
- Des investisseurs qui ont acheté au mauvais moment, pendant la panique.
- La confiance du public dans la stabilité des marchés a été clairement ébranlée.
La leçon
1. Les marchés modernes sont très automatisés. Des programmes informatiques peuvent provoquer des mouvements violents en quelques secondes, sans qu'un humain n'ait rien décidé.
2. Un ordre « stop loss » n'est pas une protection magique. Il peut se déclencher à un prix bien pire que prévu dans un marché agité.
3. La vitesse n'est pas la même pour tous. Les particuliers n'ont pas accès aux mêmes outils que les acteurs professionnels ultra-rapides.
4. Après un crash, il y a souvent des règles nouvelles. Le flash crash de 2010 a conduit à la mise en place de coupe-circuits plus larges aux États-Unis.
Sources à consulter
- Les rapports de la SEC (autorité des marchés américains) et de la CFTC sur le flash crash de 201